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DE L'ÉGYPTE. 1I

arec la métropole turque), enfin un blocus étroit, le réduiront bien-
tût à se rendre, et cette victoire finale est encore assurée. Or, une
fuis les côtes prises et le commerce confisqué, le Caire est mort;
car, bien qu'il se fasse en Egypte beaucoup de poudre, il y a peu
d'artillerie, et le château du Caire même n'entendit jamais la dé-
charge de plus de 30 canons.

Nous avons étudié aussi l'état de défense de la Syrie tout en-
tière,surtout du littoral Daphné, Larisse, Cathela, Ennon; à l'en-
trée de la Palestine, Gaza, Ascalon, Jaffa, le château de Caiffa, en
Phénicie, Saint-Jean d'Acre, Tyr, Sidon, Beyrouth, Djaebbehl (Bi-
blos), Tripoli. Partout nous trouvons les fortitications misérables,
tombant de vétusté, mal entretenues, mal gardées, ou manquant
tout à fait.

En Syrie, par exemple, vous avez, sous le rapport maritime,
Alexandrette qui mérite quelque attention mais elle n'est pas for-
tifiée les maisons de pierre s'y comptent. Il y a seulement près de
Bogâz, un fort en maçonnerie, mais qui n'a plus de défense,
bien que situé à fextrèmc point de la mer. Voilà donc toute la côte
méditerranéenne sous notre main. Chypre est à peu de distance;
les Vénitiens y avaient élevé de beaux ouvrages militaires à Nicosie
et à Famagouste; la négligence des Turcs les a laissés s'écrouler.
Restent maintenant dans tout l'intérieur de la Syrie deux villes con-
sidérables Alep et Damas; mais elles doivent ou suivre le sort du
littoral, ou s'anéantir par la ruine de leur commerce.

XII.

LA TURQUIE, SI ELLE VIENT AU SECOURS DE L'ÉGYPTE, NE PEUT LE
FAIRE QUE TARDIVEMENT ET AVEC BEAUCOUP DE PEINE.

D'abord, elle n'aura nul soupçon de notre véritable dessein sur
l'Egypte, à moins que nous ne le trahissions nous-mêmes. Envoyant
notre flutte en mer, elle craindra plutôt pour Candie, ou même
pour les Dardanelles et Constantinople. En second lieu, dès que
les Français auront opéré leur descente, les côles une fois occu-
pées, tout remède devient impossible. Désormais leur pouvoir est
assuré, et la clef de la position est dans leurs mains. Quant au
Caire et à l'intérieur du pays, le secours ne peut arriver que très-
tardivement et avec la plus grande difficulté car c'est par terre, et
Don par mer, qu'il s'agit de le faire parvenir. Or, au milieu des
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