8 PROJET DE CONQUÊTE VIII. FACILITÉ POUR 1 FRANCE D'UNE DESCENTE EX ÉGYPTE. Que l'on mette sur pied une bonne division; que tout soit pré- paré de telle sorte que, ce que le roi arrête aujourd'hui, ce soir même, di;s demain de grand matin, on l'exécute; que rien ne trans- pire des desseins convenus, et que personne ne se doute du but vé- ritable de ces dispositions 30,000 hommes suffisent puur l'entre- prise. Un roi prudent, Emmanuel de Portugal, n'en destinait pas tant au même résultat. On y consacrera seulement le superflu des forces de l'État; une partie seulement, et non pas tout à la fois, r'ien que pour attaquer, si je puis m'exprimer ainsi. La nature a mis l'Égypte et la Hollande dans des conditions semblables. Le Nil, ici, joue le même rôle que le Rhin. Mais il n'y a nul rapport quant aux fortifications, le littoral de l'Égypte étant ouvert et d'un accès facile à nos maîtres de la mer. Une fois les navires et les bâtiments réunis, la gloire d'une telle entreprise, heureusement commencée, ferait affluer de tous les pays des nuées de volontaires. Le trans- port par mer des combattants a cet avantage, que la discipline, l'ordre, l'esprit militaire, ne peuvent s'y altérer étroitement, et que les maladies de mer ne sont pas à craindrc, letrajet étant si court. Presque tous les transports par terre ont été malheureux. La traversée rapide. On va de Marseille en Égypte en six se- maines, quelquefois en un mois. C'est un jeu maintenant pour la marine française, que de parcourir la Méditerranée; rarement on entend parler de sinistre de quelque importance. Si vous abordez à Candie, vous êtes aux deux tiers de la route. llialte, si obligée en- vers la France, vous offre une station sûre; nne autre vous attend à Lampédouse. IX. LA SALUBRITÉ DU PAYS. Le pays est très-sain, plus encore pour les chrétiens que pour les musulmans; car la plupart du temps la peste turque épargne les premiers. C'est ce qui résulte de beaucoup de relations de voyageurs, qui disent s'être très-bien trouvés du séjour de l'Égypte.