x PROJET DE CONQUÊTE
établir son enpire, et il désigna comme le lieu de sa sépulture
Alexandrie qu'il avait fait bâtir. Pompée vaincu essaya d'y rallier
ses forces, Lorsque Auguste, vainqueur d'Antoine, l'eut soumise à
ses armes, il entendit en faire sa province, et non celle du sénat
et il défendit aux sénateurs et aux chevaliers romains de s'y rendre
à son insu. Néron, désespérant de sa forlune, et voyant l'empire
près de lui échapper, demanda au sénat le gouvernement de l'É-
gypte. Elle fut le grenier de Rome, et lui resta fidèle et florissante
jusqu'à ce qu'elle tombât aux mains du calife des Sarrasins Omar.
Depuis ce temps les Sarrasins, m aîtres de ce point, s'avancèrent
par mer à travers l'Asie et l'Afrique jusqu'en Europe; et là ils éten-
dirent leur puissance en Italie, en Espagne, en Grèce, jusqu'à ce
que les exploits des Français et des Normands en Europe, en Orient
les croisades, et enfin leurs dissensions intestines, vinssent mettre
un terme à leurs envahissements. Cependant ils conservèrent tou-
jours comme un nid celte retraite de l'Egypte. Il est certain que
c'est l'omission de l'Égypte qui causa seule la nouvelle perte que
tirent les chrétiens de la terre sainte, et que seule elle fut le salut
du mahométisme qui la possédait et qui devait disparaître du
gloie.
IV.
L'ÉGYPTE FUT TOUJOURS FACILE A CONQUÉRIR;
Cambyse, Alexandre et César, puis Auguste, aussi bien que les
Sarrasins, la prirent sans aucune peine. Amaury, roi de Jérusalem,
à la tète de forces médiocres, tenait déjà le Caire assiégé; il était
sur le point de prendre toute l'Egypte, lorsque ce prince avare
leva le siège de cette ville qui devait lui être un jour funeslo-ainsi
qu'à ses successeurs. Il s'en fallut aussi de bien peu qu'elle ne tom-
bàt au pouvoir du cardinal Pélage et de saint Louis. Cela ne tint
qu'à des obstacles que nous lèverons sans peine aujourd'hui, c'est-à-
dire la dissension, qui n'est plus possible avec un seul conqué-
rant, et l'imprudence de s'avancer dans les terres sans occuper
le littoral et le mettre en état de défense. Emmanuel, roi de Por-
tugal, se fit fort d'effectuer cette conquête à lui seul, comme le
prouvent ses lettres à kiménès. Et cela, dans un temps où l'Egypte
était bien plus énergique et bien plus puissante, où elle était la ca-
pitale des Mameloucks, qui, à ce titre, l'auraient défendue à toute