INTRODUCTION. XLV « ton pays et obéis aux ordres du ciel. Alors ce sol, « plus heureux pour toi que celui de la Hollande ce « sol qui enfanta jadis des merveilles d'art et de gé- « nie et qui est maintenant barbare te livrera l'em- « pire du Levant et de l'immensité des mers. Ni les « gouffres ni les murailles ne pourront protéger la « Chine. A tes pieds tu fouleras Gaza et Surate; puis « ce sera Lukach et Beach. Tu franchiras les pôles « et tu dresseras ta tente par-delà les plaines où « parmi les flots gelés court le Samoïède, race vouée « à d'éternelles ténèbres. Tu iras ensuite jusqu'à « l'extrême limite du monde, terre mystérieuse et « condamnée à une éternelle immobilité, et par- « tout tu porteras l'étendard du Christ. Si la terre « te manque, ton ardeur te donnera des ailes et « tu t'élanceras vers d'autres mondes et d'autres « planètes jusqu'à ce qu'enfin l'Olympe te re- « çoive dans son sein que tu n'auras point encore « exploré. » Après tout, que serait-il arrivé si Louis XIV avait suivi ces généreux conseils ? On peut le prévoir avec quelque probabilité. Il aurait très-certainement con- tribué à dénouer une question que personne aujour- d'hui n'est assez fort pour oser aborder de front. 11 aurait pris l’Égypte et démembré l'empire turc avec le consentement de Charles lI, roi d'Angleterre, qu'il avait pour ainsi dire à sa solde. 11 n'y aurait plus au- jourd'hui en Europe de question d'Orient pour le