xnv INTRODUCTION. pompes du despotisme oriental, ou ces politiques qui veulent nous faire croire à la durée de l'empire ottoman. Si plus tard, dans un projet de fable politique (1), il fait apparaître le nom de saint Louis, ce n'est pas qu'il veuille retourner aux Croisades, et le reproche de Pomponne, qui s'adresse surtout à ce pieux sou- venir, n'a rien de fondé. Louis IX a précisément aux yeux de Leibniz ce mérite d'avoir compris les avantages de la situation de l'Égypte, et d'avoir aban- donné la Palestine pour cette contrée qui était la clef des lieux saints et le point vulnérable de la Tur- quie. L'espèce de prophétie par laquelle il termine sa fable et son discours n'a rien de déplacé dans une bouche qui a eu le mérite de prédire la révolution française et d'annoncer le rôle civilisateur de la France. Elle prouve seulement l'espèce d'enthousiasme qui saisissait cet homme de l'avenir à la pensée des conséquences merveilleuses qui découlaient de son projet la France et l'Autriche réconciliées contrai- rement à la politique traditionnelle de la France, je l'avoue, mais dans un intérêt commun, contre la Turquie, l'Orient délivré, la Chine ouverte. Aussi je comprends, pour ma part, cette noble indignation de saint Louis s'écriant « Prends pitié du malheu- a reux Orient, ô mon fils! sois ainsi l'honneur de (1) te Ludovisie. Voir la 3° partie, p. 268 et suivantes.