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XLII INTRODUCTION.

vancer Bonaparte et Lesseps et hâter le cours du
temps. Mais Leibniz n'avait pas en main la puis-
sance il n'avait 'pas même à son service la langue
française qu'il maniait assez mal à vingt-cinq ans
et cette cour de France, qui l'avait d'abord attiré, ne
sut que l'éconduire assez froidement, sans paraître
se douter du parti qu'elle eût pu tirer d'un tel
homme. Leibniz fut vite consolé de cet échec pour
ne point perdre son voyage à Paris, qui ne lui fut
pas payé par le roi, il y inventa le calcul infinité-
simal.

Je ne crains pas de dire bien qu'on ne puisse
comparer des incomparables, que son projet d'expé-
dition d'Égypte avec ses idées d'avenir commercial,
de civilisation européenne à transporter en Orient, et
son plan pour faire reculer la barbarie en Europe,
n'était pas moins grand dans son genre. Par l'une de
ces découvertes, il domptait la matière rebelle et
supprimait l'espace et le tempa; par l'autre, il éten-
dait le règne de l'esprit, supprimait les ténèbres vi-
sibles de la Turquie et tentait de devancer le temps.
Lorsque Leibniz nous montrait dans une belle
page (1) « la constitution de l'empire turc cette
patrie des ténèbres et de la barbarie, cette prison
d'esclaves gouvernée par un fils d'esclave, et cette
puissance tout à fait absolue dans un empereur sans
(1) Pages 125, 12i et 152 et suiv. 173-
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