Home Plain text
Text mode Audio mode
page XLI (screen 46 of 428)
Next page Previous page  
  Last page First page


INTRODUCTION. XLI

nons, telle surtout que la comprenait Leibniz, et à
cette époque décisive de Louvois et de Colbert, deux
tendances souvent indiquées et presque contradic-
toires il a le parti de la guerre pour les avantages
immédiats et tout matériels qu'elle procure, tels
qu'acquisitions de provinces et extension des fron-
tières, et il y a l'école du commerce et de l'économie
politique naissante, qui croit moins à la solidité de
ces avantages apparents et beaucoup à l'extension
des relations commerciales, à la création de nou-
veaux débouchés, à la balance du commerce enfin,
école encore dans l'enfance, nous le savons; mais à
laquelle toutefois appartiendront Boisguilbert et Vau-
ban, et, selon nous, très-supérieure à celle de Louvois,
que préféra Louis XIV. Sans doute Louvois avait rai-
son de déconseiller les expéditions lointaines et coû-
teuses, si elles ne devaient rapporter que des dan-
gers et des pertes, mais il eut tort d'allumer et d'at-
tiser la guerre en Europe pour se rendre nécessaire.
Enfin, au-dessus du parti de la guerre à tout prix et
de celui de l'économie naissante, il y a l'esprit gé-
néralisateur qui voit de trop haut et de trop loin
pour être de son temps, mais qui prévoit l'avenir.
C'est ce qui dut faire le grand intérêt de l'audience
que Leibniz obtint de Louis XIV à Saint-Germain.
Leibniz était précisément dans ce courant de la
grande politique et de la plus haute diplomatie que
dis-je? il voulut y entraîner la France. Il faillit de-
Text mode Audio mode
page XLI (screen 46 of 428)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text