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INTRODUCTION. xxxix

ponne. Ce n'est que plus tard, lorsque la guerre fut
non-seulement résolue, mais déclarée, que le ton
change, et que Pomponne écrit à Feuquières, qui
lui-même soutenait le projet, que les guerres saintes
ne sont plus à la mode. Mais on se trompe si l'on
croit que cette laconique réponse fut la première et
sincère expression de la pensée du roi. Le ministre
déclara d'abord, au contraire, que cet avis lui parais-
sait « très-grand pour la gloire et l'avantage de Sa
Majesté, » et il conclut que « Sa Majesté verra vo-
lontiers les ouvertures » que l'auteur aurait à lui
faire de vive voix (1). Il est évident que sans la
guerre de Hollande, qui vint se mettre à la traverse,
et que Leibniz ne pouvait prévoir, son projet avait
les plus grandes chances d'être agréé par Louis XIV.
Le 29 mars 1672, époque de l'arrivée de Leibniz
à Paris, l'ambassadeur de France à Constantinople
présentait à l'audience du vizir le sieur d'Hervieux,
l'un des directeurs de la Compagnie du Levant, qui
apportait des lettres de Lionne au vizir, et devait
s'entretenir avec lui de l'affaire du commerce de la
mer Rouge. Au mois d'avril suivant, la négociation,
habilement conduite, paraissait près d'aboutir, et le
grand vizir déclarait « qu'il accorderait la réduction
demandée sur les droits de douanes et la liberté du
commerce par la mer Rouge, à la condition qu'il
(t) Voir dans ce volume, page:312.
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