xxxviii INTRODUCTION. ment à cœur et désirait fort que la Porte lui donnât contentement là-dessus. Se peut-il faire, répon- dit simplement le vizir, qu'un empereur aussi grand que vous dites qu'est le vôtre, ait si fort à cœur une affaire de marchands Sur quoi l'ambassadeur insis- tant et adressant plusieurs fois la parole au Grand Seigneur, contre l'usage, sans en avoir obtenu per- mission, le vizir rompit sèchement l'entretien par ces paroles Monsieur l'ambassadeur, tenez-vous à ce que vous avez promis nous saurons dans six mois si nous sommes amis ou ennemis. » L'affaire fut poussée si loin que d'Oppède, premier président au parlement d'Aix, fut chargé de réunir à Marseille nos principaux marchands du Levant et de les consulter sur la guerre. Les Provençaux, dit Char- din, ne doutaient plus que la rupture ne fût pro- chaine, et l'effroi s'en répandit jusqu'à Constanti- nople. Que l'on rapproche ces faits du projet d'expédition d'Egypte, et ces difficultés avec la Porte à pro- pos de questions commerciales du plan de Leibniz, qui était de ruiner le commerce des Hollandais par l'ouverture de la voie de l'Inde, et l'on comprendra que ce projet, qu'on trouve aujourd'hui, après le ré- sultat connu de la guerre de Hollande, et malgré les raisons contraires si bien exposées par Leibniz, dé- pourvu d'opportunité, ait attiré d'abord l'attention de Louis XIV, et ait été fort bien accueilli par Pom-