INTRODUCTION. xxxv de Malte est signalée, l'avenir de Suez est au moins pressenti. L'idée stratégique d'une marche en Syrie est formellement énoncée (1). Les déductions un peu sèches, presque toujours scolastiques, des avantages de la conquête de l'Égypte ont ce mérite de nous offrir à nu la trame serrée du raisonnement et de conclure avec l'évidence d'un syllogisme. Mais le morceau le plus complet et le plus fort nous parait être de beaucoup toute la seconde partie, où il passe en revue les forces comparées des divers États de l'Europe. Entre la première un peu aride, et la troi- sième trop imaginative, celle-ci nous paraît vraiment achevée. C'est une suite de discussions où il indique en quelques traits le génie des différentes nations, et les intrigues des cabinets, comme si elles lui étaient familières. L'état de la Hollande, l'étendue de ses relations commerciales, les causes de sa puissance, les forces de la France, le génie civilisateur de sa politique, les besoins de sa marine, la nature de ses alliances, le Suédois surtout, « dont le corps tient de l'hiver et l'esprit de l'été, cette récapitulation des rai- sons tirées de la sûreté, de l'opportunité, de la jus- tice de l'expédition, l'épilogue même qui prépare la fable politique de la troisième partie, tout contribue à donner à ce morceau une très-grande valeur histo- rique. (1) Pour Malte, voir p. 65;pour Suez, p. 47, et pour Alep et Damas, p. 144.