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INTRODUCTION. XXXIII

V. c

de quoi flatter l'ambition de ce jeune conquérant.
C'était d'ailleurs une des idées favorites de Leibniz
qui croyait lire dans ses destinées et qui avait des
vues sur elle.

On comprend très-bien que, moitié par calcul et
moitié par enthousiasme, il lui ait adressé ce mé-
moire original. Lorsqu'on le lit à la lueur de cette
idée, il prend une signification toute nouvelle. Le
rapport et l'harmonie du Securitas publica avec le
Consilium Egyptiacum ne laissent plus rien à dési-
rer. Il n'y a pas jusqu'à cette idée d'un arbitrage
universel de la chrétienté, arbitrium rerum, qu'il
n'ait déjà longuement développé dans ce premier
traité. « Cette monarchie universelle à laquelle la
France aspire et qu'ont eue les Romains, je ne puis,
dit-il, mieux la nommer qu'arbitrium rerum (1). »
Les mots de monarchie universelle, de suprématie et
de suzeraineté, de citadelle imprenable des affaires du
mofade, d'arbitre souverain des choses, reviennent trop.
souvent dans son znémoire à Louis XIV, pour qu'on
ne soit pas tenté d'y voir un appât qui manque ra-
rement son effet en France, celui de la gloire.
Louis XIV, il est vrai, ne s'y est point laissé pren-
dre mais c'était une conception hardie autant qu'es-
timable de ce jeune patriote allemand de chercher à
faire le bien de son pays, tout en offrant à la France
(1) Securitas publica, p. 21.
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