XXVIII 1NTRODURTION. Emmanuel de Portugal et le grand ministre Ximé- nès. Mais ces autorités du passé, quelque imposantes qu'elles soient, toucheraient moins le lecteur que celles qui furent, pour ainsi dire, contemporaines du projet lui-même. Parmi ces dernières, nous citerons Bossuet dans son Histoire universelle (1), La Croix, notre secrétaire à Constantinople, qui ne cessa d'y in- citer Louis XIV, le célèbre publiciste Conring, auteur du De bello contra Turcas prudenter gerendo, dédié à notre ambassadeur Robett Gravel, et d'un autre mémoire plus curieux encore De maris Mediterranei dominio et cornmerciis regi christianissimo vindicandis, 1670 (2), l'orientaliste Ludolf, le savant et profond historien de l'Abyssinie qui fondait sur cette nation les plus belles espérances pour la chrétienté, et dans le présent enfin, le grand Heeren, auteur d'un mé- moire sur la colonisation de l'Égypte (3). (1) Dans une admirable page de son Histoire universelle, où il parle de l'Égypte en grand artiste maintenant que le nom du roi pénètre aux parties du monde les plus inconnues et que ce prince étend aussi loin les recherches qu'il faut faire des plus beaux ouvrages de la nature et de l'art, ne serait-ce pas un digne,objet de cette noble curiosité de découvrir les beautés que la Thébaïde renferme dans ses déserts et d'enrichir notre ar- chitecture des inventions de l'Égypte ? Quelle puissance et quel art a pu faire d'un tel pays la merveille de l'univers ? Et quelles beautés ne trou- verait-on pas, si on pouvait aborder la ville royale, puisque, si loin d'elle on découvre des chores si merveilleuses ? (2) En part. publ. par Guhrauer dans son Kurmainz, aux pièces 11, p. 274. (3) Beeren, qui a l'avantage du temps, 1803, corrige conring et Leibniz sur plus d'un point, Ainsi il ne partage pas du tout leurs idées sur le com- meree de l'ancien monde il ne croit pas à une vocation spéciale de la Franre sur ]'Pgypte; Il pense même que cette colonisation profiterait davantage aux peuples de l'Europe orientale qu'à ceux de l'occident, Enfin, sans