INTRODUCTION. xxvn une expérience consommée. Gravel et Feuqpières étaient des diplomates distingués. De telles autorités ne sauraient être écartées. Que Boinebourg et l'élec- teur de Mayence ne fussent pas tenus fort au cou- rant des intentions de Louis XIV, on peut le suppo- ser, mais comment admettre que le marquis de Feu. quières, son ministre, eût été laissé dans la même ignorance et se fût engagé à la légère dans une telle entreprise? Quelle apparence de croire qu'un projet, longtemps médité entre'Leibniz et Boinebourg, mûr.i par l'expérience d'un politique consommé, patronné par l'électeur de Mayence, et favorisé par Feuquiè- res, ministre de France à Mayence, fût sans aucune chance de réussite et condamné avant même d'ê- tre né? On cherche volontiers des ancêtres aux grands projets comme aux grands hommes. Je pourrais donc, après Guhrauer, faire ici l'interminable généa- logie de ce projet, qui était dans l'air depuis plus d'un demi-siècle, qui a pour ancêtres légitimes le grand chancelier d'Angleterre, Bacon (1), et le célè- bre confesseur de Richelieu, le Père Joseph, que Ma- zarin lui-même encouragea par un legs de 800,000 li- vres, qu'Alexandre VII, promoteur de la ligue contre les infidèles,' approuva, et auxquels il faut joindre encore, d'après Leibniz lui-même, dans son traité, (t) De Bello sucro.