xviii INTRODUCTION. le document complet dans l'abrégé. Ainsi se trouvent établies avec une surabondance de preuves l'ori- gine, la filiation et l'authenticité du Consilium Ægyp- tiacum que nous publions pour la première fois. Ainsi nous sommes enfin mis sur la voie de l'inno- cente supercherie à laquelle le général Mortier, avant Guhrauer, s'était laissé prendre. Pour nous en effet il est une conjecture, ou plu- tôt une induction, qui explique seule cette série de méprises que nous signalons et qui ont tant em- brouillé, dans ces derniers tempa, la question du Consilium Ægyptiacum. En rapprochant les démar- ches du comte de Kielmansegge, président de la ré- gence de Hanovre pendant l'occupation française, de la lettre d'envoi du bibliothécaire Feder au gé- néral Mortier, il est évident que ce dernier a été dupe d'un innocent stratagème, inventé, soit par le comte de Kielmansegge, soit, ce qui est infiniment plus probable, par le bibliothécaire lui-même. Ce fameux manuscrit, tellement important qu'il fallut un rescrit du gouvernement de Hanovre pour en lais- ser prendre copie, même dans l'intérêt du vainqueur, n'était point le vrai Consilium Ægyptiacum, mais un simple abrégé qu'on substitua au manuscrit original et complet. Ce que le général Mortier, à qui il était aisé de faire prendre le change, envoya au premier Consul n'était pas le manuscrit original et complet, mais un abrégé que le Régent fit copier et que Feder