INTRODUCTION. txai des peuples et leurs migrations attestent cette loi. L'économie générale du monde reposè sur cette base. Quels que soient les troubles et les désordres apportés dans l'ensemble, tout est ramené à l'ordre; toutes les aberrations sont réduites, les excentricités cessent et les perturbations disparaissent, comme de véri- tables infiniment petits. Le mal lui-même n'est pas un obstacle insurmontable au bien il en est bien plutôt le ressort et l'aiguillon. ll y a des fautes heu- reuses, comme celle d'Adam qu'un Père de l'Église appelle si bien felix culpa, et des défaites victorieuses à l'égal des plus beaux triomphes. Le monde, pris dans l'ensemble, est un concert que troublent quel- ques dissonances, mais les dissonances ne sont là que pour relever l'harmonie du tout c'est un trait plus hardi (1). Voyez l'histoire l'histoire s'éclaire à la lueur de ces principes et devient un enseignement. La succession des empires, les invasions des bar- bares, la Renaissance et la Réforme, la République et l'Empire prennent un sens. Et, pour ne parler que de ce XVIIe siècle, tant vanté par les uns, si amèrement censuré par les autres, et qui, en défini- tive, a préparé le xvm* et travaillé au profit de la justice et de l'humanité, il y a dans la Théodicée toute une philosophie de l'histoire qui s'applique bien à ce siècle. introduits par Leibniz dans le temple des des- tinées, nous y contemplons la grande pyramide, qui a un commencement, mais dont on ne voit pas la fin, et qui va croissant à l'infini; et, de ces hauteurs (1) Voir Théodicée et Remarques sur le Dict. de Bayle.