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LXX INTRODUCTION.

Philosophie

de Leibniz.

Son

Arithmetica

polrttca.

il eut des entretiens avec le czar. Il inventa pour lui
une pièce d'armure propre à tenir la lance en arrêt
qu'on voit encore à Hanovre; il le revit pour la der-
nière fois à Pyrmont; il correspondait avec lui après
son départ. Tous ces faits prouvent que, s'il avait
su inspirer à Pierre le Grand un goût très-vif par son
allure libre et dégagée, par ce génie aventureux, naïf
et primesautier qu'il portait dans les sciences mêmes,
par un ensemble de qualités rares, Leibniz ressentit,
lui aussi, ce que Voltaire appelait sa passion pour
Pierre le Grand. Il trouvait dans ce fondateur d'un
grand empire tout ce qu'il cherchait dans un grand
prince la noble ambition des fondateurs, celle des
lettres et des sciences, l'amour de la civilisation,
l'étude des besoins d'un grand peuple et le désir d'y
satisfaire, et je ne sais quel pressentiment de grandes
destinées en Orient. Il rêvait maintenant la conquête
de la Russie aux lettres et aux sciences, et il en
tirait déjà d'utiles secours pour la connaissance des
langues orientales et l'extension. de ses rapports avec
la Chine.

La philosophie politique de Leibniz, sagement
inspirée des idées d'ordre, de justice et d'harmonie
universelle, et fondée sur le respect du droit et des
traités, s'appelle l'optimisme. C'est l'esprit général
de l'histoire et le fond de la sagesse des gouvernants
comme des philosophes. Le principe du meilleur, qui
règne dans toutes ses constructions géométriques et
qui finit par triompher dans la natuze, a aussi lieu
en histoire et en politique. Les grands mouvements
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