INTRODUCTION. Lxix ses plans pour l'avenir de la Russie « Notre origine est la même Slaves tous les deux, vous avez con- quis sur la barbarie le plus grand empire du monde; moi, j'ai fondé par la science un non moins vaste royaume. Tous deux initiateurs des siècles nouveaux, nous sommes tous deux de cette race dont nul ne peut prédire encore les destinées. » Il eût pu ajouter, en pensant à l'Allemagne où son père était venu se fixer, et à l'ingrate Leipsig qui fut sa patrie d'adoption et qui ne sut pas le retenir « Que l'Allemagne soit moins fière; ce n'est pas un génie exclusivement allemand que j'apportais en naissant c'était le génie de la race slave qui s'éveillait en moi dans la patrie de la sco- lastique. » Les rapports de Leibniz avec Pierre le Grand té- moignent d'un mutuel attrait et de je ne sais quoi de congénial entre ces deux hommes à première vue si peu faits pour s'entendre. Leibniz, qui avait prévu et qui contemplait déjà le déclin de Louis XI V, s'était tourné avec bonheur, avec espoir, vers le czar, qu'il regardait comme un soleil levant. Il appelait son in- tervention dans les affaires de l'Europe pour en chas- ser complétement le Turc et le repousser en Asie, puis comme chef naturel de l'hégémonie des puis- sances du Nord, dont il recherchait l'alliance pour l'Empire. Il forma les plans les plus ingénieux pour. ses États; il lui proposa celui d'une académie des sciences qui fut en partie réalisé, et lui adressa son projet pour l'amélioration des finances russes il le vit à Carlsbad et l'accompagna jusqu'à Dresden, où