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INTRODUCTION. LXVII

être témoin de la vieillesse du grand roi et pour as-
sister, que dis-je? pour travailler à son déclin. 11 a
prédit de ces hauteurs la Révolution française (1). Il
s'est élevé, dans un siècle,qui n'en avait point l'idée,
(1) Nouveauu Essais, liv. IV, chap. xvi. Je trouve même
que des opinions approchantes s'insinuant peu à peu daus l'es-
prit des hommes du grand monde, qui règlent les autres et dont
dépendent les affaires, et, se glissant dans les livres à la mode,
disposent toutes choses à la révolution générale dont l'Europe
est menacée, et achèvent de détruire ce qui reste encore dans le
monde des sentiments généreux des anciens Grecs et Romains,
qui préféroient l'amour de la patrie et du bien public et le soin
de la postérité à la fortune et même à la vie. Ces publics spirits,
comme les Anglois les appellent, diminuent extrêmement et ne sont
plus à la mode; et ils cesseront davantage, quand ils cesseront à être
soutenus par la bonne morale et par la vraie religion, que la raison
uature.le même nous enseigne. Les meilleurs du caractère opposé,
qui commence de régner, n'ont plus d'autre principe que celui qu'ils
appellent de l'honneur. Mais la marque de l'honnête homme et de
l'homme d'honneur chez eux est seulement de ne faire aucune bas-
sesse comme ils la prennent. Et si pour la grandeur, ou par ca-
price, quelqu'un versoit un déluge de sang, s'il renversoit tout sens
dessus dessous, on compteroit cela pour rien, et un Hérostrate des
anciens, ou bien un Don Juan dans le Festin de Pierrei passerait
pour un héros. On se moque hautement de l'amour de la patrie,
on tourne en ridicule ceux qui ont soin du public, et quand quelque
homme bien intentionné parle de ce que deviendra la postérité, on
répond Alors comme alors. Mais il pourra arriver à ces personnes
d'éprouver eux-mêmes les maux qu'ils croient réservés à d'autres.
Si l'on se corrige encore de cette maladie d'esprit épidémique, dont
les mauvais effets commencent à être visibles, ces maux peut-être
seront prévenus; mais, si elle va croissant, la Providence corrigera
les hommes par la révolution même qui en doit naltre car, quoi
qu'il puisse arriver, tout tournera toujours pour le mieux en géné-
ral, àu bout du compte, quoique cela ne doive et ne puisse pas
arriver sans le châtiment de ceux qui ont contribué même au bien
par leurs actions mauvaises. Mais je reviens d'une digression, la
considération des opinions nuisibles et du droit de les blâmer m'a
mené..
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