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INTRODIICTION. Lxv

IV. e

années avec son pied malade, et sa santé très-déla-
brée, sans se soucier de la peste qu'il y brava seize
mois, et tout occupé de ses plans politiques, écono-
miques et financiers? Tel il se montre à nous dans
ces deux volumes d'histoire et de politique; tel il se
montrera de plus en plus dans ceux qui suivront. Un
préjugé trop répandu en Allemagne semble ôter à
Leibniz toute signification politique. Ce n'est point
assez que quelques Allemands aient prétendu lui en-
lever son sens scientifique et fait rougir M. Libri lui-
même, étonné de rencontrer en Allemagne des dé-
tracteurs de sa mémoire (1) on a voulu aussi lui
contester la plus pure portion de sa gloire scientifi-
que, celle qu'il avait gagnée en défendant sa patrie
menacée. Il a suffi de'ce frivole prétexte qu'il avait
écrit en français, comme si ces volumes n'étaient pas
une réfutation péremptoire de ce reproche et qu'im-
porte d'ailleurs qu'il écrive en français, s'il pense en
allemand? Leibniz a montré à l'Allemagne, dans un
siècle de tels exemples étaient rares, ce que peut
la science pour le bien des hommes et le bonheur
des peuples. Il est entré dans la vie publique de l'Al-
lemagne par la force de son esprit inventif et nova-
teur et du droit de son génie. Comme un autre Ci-
céron, il eût pu se vanter d'avoir rompu les barrières
de la noblesse, nobilitatis claustra perfregisse. Mais il
ne l'a point fait; et il lui a suffi de s'y être fait sa
place à force de patient labeur et de sagacité inven-
(t) Yoir Biedermann: Deutschtand, n, p. 199.
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