INTRODUCTION. LXIII les têtes couronnées et les princes(1), cette résolution héroïque de continuer la guerre avec l'Empire contre la France, afin de relever par là l'honneur de la na- tion allemande et le bien-être de la patrie, est digne des plus grands éloges. Elle demande au plus haut degré du courage et de la raison Dieu a départi ces deux qualités à l'Empereur.» Sans doute, à ne regar- der que la teneur des propositions de la France, elles étaient peut-être acceptables, et l'on remarque que depuis 1708 les adversités l'avaient rendue raison- nable mais il y avait au-dessus de ces propositions elles-mêmes des considérations politiques d'un ordre élevé que M. Leser n'a point vues, pour refuser la paix. C était le sentiment de lEmpereur, c'était le sentiment public en Allemagne. Un bon Allemand ne pouvait point penser autrement que Leibniz. La Lettre à un milord tory porte au plus haut point L ce caractère d'une revendication éloquente, et peut- être aussi d'une éclatante revanche contre la poli- tique française. Elle contient tout un plaidoyer en faveur de la guerre, toute la suite de l'affaire de la succession d'Espagne et de l'insuffisance des renon- ciations, la réfutation de la lettre contre les soupirs de l'Europe (2) et du discours en faveur de Maximilien de Bavière, la justice et la nécessité des bans impé- riaux, l'explication du traité de Landau et le rappel de celui de Lisbonne, la critique des conditions de la (t) Cette correspondance volumineuse ouvre la série Corres- pondances, réservée pour la fin de l'édition. (2) Voir sur cette lettre un écrit spécial de Leibniz, t. IV, p. 154. Les.derniers écrits politiques de Leibniz.