LXII INTRODUCTION. de 4 millions de reichsthalers devait être réparti en quatre termes (1). Leibniz était trop bon patriote (c'est lui-même qui a créé le mot pour cette circonstance, ein getreüer wohlgesiïînter patriot) pour ne pas seconder ces éner- giques résolutions de tous ses efforts. 11 marcha dans cette voie avec une constance et une décision qui ex- cluent toutc idée de trouble ou même d'hésitation dans son esprit. Louis XIV, par son ambition et ses con- quêtes, avait véritablement failli infuser une âme à ce grand corps germanique; il avait réveillé l'idée de la patrie allemande; il avait fait une nation de cet échi- quier de l'Allemagne, et resserré les liens de ce mé- canisme compliqué. « L'héroïque détermination de V.M.I., écrit-il à Charles VI, dans une lettre qui trou- vera sa place dans la correspondance de Leibniz avec la guerre contre la France et ses alliés, et à fournir toutes les ré- quisitions en hommes, argent et attirail de combat à ce néces- saires, que cet engagement résulte de décisions successives d'em- pire, et que dans icelles il a été souvent répété que nul État ne saurait sous aucun prétexte s'y soustraire ou en être dispensé. 11 est vrai que le duc de Mecl:lembourg, le contingent holsteinois et le directoire de Westphalie refusaient de marcher. (1) 1713. Jun. 13. Cliancel. imp. VII, 834. Le prince Eugène à L6wenstein, commissaire principal « Combien il est indispensable et quelle haute nécessité il y a pour le maintien de l'Empire ro- main, pour sa liberté, et pendant que l'ennemi s'avance, de lui opposer partout une égale force, et, à cette fin, de faire rentrer les quatre millions de reichsthalers et autres sommes votées par l'Em- pire, de donner aux quatre millions leur destination; qu'il faut avant tout établir une caisse d'opération; que le mieux serait de détermi- ner le sénat de Francfort à se charger de l'administration de cette caisse, afin que la Banque pût faire un payement par anticipation; qu'alors il serait nécessaire que l'Empire lui offrit une garantie. »