INTRODUCTION. LXI de l'année 1712, trouva partout l'opinion répandue que les propositions de la rrance étaient honteuses, outrageantes, et qu'elles ne pouvaient pas être ac- ceptées. Tous les esprits étaient à la guerre. L'atti- tude de l'Empereur agissait puissamment sur les es- prits. Je ne crois pas cependant que Leibniz, en cette circonstance, ait suivi aveuglément, comme le croit M. Léser, l'opinion de l'Autriche il n'a fait que sui- vre sa propre politique. Leibniz voyait enfin l'accom- plissement partiel de ce qu'il avait souhaité et pré- paré depuis vingt ans. Un empereur jeune, ardent, qu'il compare lui-même à un soleil levant, et qu'il oppose au déclin du roi de France, sembait résolu à tenter de nouveau la fortune des armes, Un conclusum fut formulé à l'issue de celle délibé- ration, qui n'exigeait pas le service militaire de tous les États de l'Empire, mais qui demandait un exposé net et franc de leur situation sans les subterfuges habituels, de telle sorte que l'on pût arriver une dé- libération commune, et que les villes pussent adhérer, du 1 au 15 janvier, à l'avisimpérial. La résolution qui suivit porte au plus au point ce caractère (1). L'impôt (1) Elle portait les clauses suivantes 10 de remplir les chiffres impériaux, quant aux contingents d'hommes et aux prestations d'argent; 2° de maintenir les troupes dans les Pays-Bas et de ras- sembler dans le haut Rhin une nombreuse armée; 3° d'allouer huit millions de thalers pour conserver sous les drapeaux les troupes auxi- liaires étrangères; 4° d'inviter la haute et la basse Saxe à reprendre leur délibération habituelle de cercle, et à fournir leurs prestations, et, vu l'état des choses et la gravité des conjonctures, de provo- quer un égal concours de la part des autres colléges de l'Empire. Arrêté et résolu que de même que tout l'Empire s'est engagé à