LX INTRODUCTION. prochaine convocation des assemblées du cercle de la haute et basse Saxe. » Ce conclusum impérial, dit notre manuscrit, était des plus éloquents; il excita un étonnement général de ce que l'Empire faisait entendre une parole si ferme. On fut surpris d'entendre exprimer pour la première fois, d'une manière si nette et si précise, la propre opinion de l'Empereur. On médita ses pa- roles, on comprit la nécessité de se conformer à d'aussi sérieuses recommandations. Ce qui ajoutait à la con- fiance publique, c'est que l'Empereury y marquait bien son désir d'arriver ainsi à une paix honorable. Ces armées qu'il lui fallait et qu'il demandait au conseil des princes d'équiper promptement, ces renforts, ces auxiliaires qu'il fallait payer, ce n'était pas dans un but de conquête, mais de sécurité; elles lui étaient nécessaires, disait-il avec raison, pour recouvrer ce qu'on lui avait pris (recuperatio avulsorum), élever une barrière infranchissable et sauvegarder la liberté de l'Europe. C'était là un noble langage et bien digne d'être, écouté par les princes de l'Empire. 11 fut en- tendu, et les délibérations qui suivirent prouvent avec quelle vigueur on voulait mener la guerre. La prohi- bition d'exporter les chevaux sans une passe de l'Em- pereur (1), la formation d'une armée de neutralité de 20,000 hommes sous les ordres du prince Eugène, étaient des mesures en ce sens. Leibniz, qui arrivait à Vienne dans les derniers mois (1) Cette mesure avait été prise dès le 16 décembre 1712.