INTRODUCTION. LIX toirement cette raison, qui eût été bonne peut-être avant la guerre, mais qui ne l'était pas alors. Singulier contraste Leibniz avait travaillé sans grandi succès depuis vingt ans à rendre la guerre contre la France nationale elle le devenait seulement depuis que la France parlait de faire la paix. L'Empire, que l'on croyait épuisé, paraissait prêt à de nouveaux efforts. Deux délibérations du conseil des princes de l'Empire et les décisions qui suivirent, citées par Leibniz parmi les pièces à consulter (1), sont très-importantes à ce point de vue. Jamais les affaires politiques, les ques- tions d'impôts et d'organisation militaire, n'avaient été conduites avec cette vigueur (2); et l'on remar- quera les énergiques accents de l'avis impérial « On en a retiré, dit notre document, cet enseignement qu'il falloit stimuler le suprême sentiment et l'unité de l'Allemagne, en vue du danger que dans l'état présent des choses, et au milieu d'une situation et de circonstances aussi graves, il falloit provoquer la plus rapide réunion de toutes les forces possibles, aussi bien que l'emploi le plus soigneux des plus prompts moyens de salut, à savoir les quatre mil- lions de reiclasthalers, le maintien des troupes auxi- liaires angloises, enfin autoriser gracieusement la (1) Nous nous servons de documents précieux pour fixer d'une manière irréfutable la situation intérieure de l'Empire à cette époque. Ce sont des notes émanées de la cbancetlerie impériale et des deux Conclusa Imperii dont il est ici question. Voy. Theat. Europ. (2) Voir la résolution prise p. LXI.