LVIII INTRODUCTION. barrière sûre et convenable pour l'Empire, qui n'y trouve ny’sa seureté, ny sa convenance. La France peut fondre quand bon luy semblera sur le Palatinat et sur tous les pays des quatre électeurs du Rhin et des autres princes et Estats de l'Empire, qui ont leurs terres de ce costé du fleuve, jusqu'aux trois éveschés et jusqu'à la Lorraine qui est encore elle-même de l'Empire.» Lorsque l'on étudie de sang froid la ques- tion du Rhin telle qu'elle se posait alors, on reconnaît que la France avait raison de vouloir rejeter l'Em- pire hors de son sein, et faire son pré carré, suivant le mot de Vauban; mais que l'Empire avait le droit et le devoir de l'empêcher d'arriver jusqu'au Rhin, dans l'intérêt de sa sécurité et pour éviter les chances d'invasion. On s'étonne moins alors que Leibniz, qui aimait la paix, qui encourageait même l'abbé de Saint- Pierre dans ses projets de paix perpétuelle, conclue « qu'avant de se résoudre à un traité aussi préjudi- ciable, et qui serait une honte pour toute la nation germanique, l’Empereur devoit peser dans sa sagesse s'il n'y avoit pas moyen de continuer la lutte. La paix est fort bonne de soy, J'en conviens; mais à quoy sert-elle Avec des ennemis sans foy? Une seule circonstance eût pu donner raison aux partisans de la paix à tout prix c'était le cas où l'Allemagne, fatiguée et vaincue, n'eût point voulu continuer la guerre. Mais Leibniz, qui a traité ce point.avec tout le soin qu'il méritait, réfute péremp-