INTRODUCTION. LVII bien (1) comment il était éludé. « Le traité conclu à Ryswick, disait-on dans les nouveaux articles, sera restabli; le Rhin servira de barrière entre l'Empire et la France.» C'était, observe fort bien Leibniz, donner toute la rive gauche du Rhin à la France. « Com- ment donc? s'écrie-t-il, et l'on voit bien par le piquant même de l'interpellation l'effet qu'avait dû produire cet article en Allemagne; comment donc? est-ce que la France veut qu'on luy cède ou qu'on luy ait cédé à Ryswick tout ce qui est du côté gauche du Rhin? que les quatre électeurs (dont les pays en bonne partie, et nommément les villes capitales des trois électeurs ecclésiastiques, sont de ce costé-là) soyent desta- chés du corps germanique, et deviennent les sub- jects de la France? Si c'est là une inexactitude d'ex- pression, il faut avouer qu'elle est un peu forte (2). L'Empire n'aura de barrière sûre et convenable qu'au- tant qu'on lui rendra Strasbourg et l'Alsace. Autre- ment, d'après la lettre du traité, ce n'est pas la France qui accorde une barrière à l'Empire, mais ce seroit l'Empire qui l'accorderoit à la France, qui n'en a pas besoin (3). Le Rhin est une barrière sûre et convenable pour la France. Ce fleuve n'est pas une (t) On croit que ces brouilleries du Nord et l'espérance que la France en a conçue a contribué à la rupture du traité de Gertruy- denberg. (Leibniz a Milord Raby.) (2) P. s3-78 de la lettre à un milord tory. (3) Voir la liste des articles de la paix mieux rangés par Leibniz, t. IV, p. 136. La barrière de l'Empire sera le Rhin, et, par consé- quent, Strasbourg restera à la France, mais les forts situés dans le Rhin seront démolis.