INTRODUCTION. li C'est pendant son second séjour à Vienne et par ordre de l'Empereur qu'il a composé les plus impor- tants de ses écrits politiques. Il y revint à cinq re- prises différentes (1). Ce fut là qu'il rédigea le Ma- nifeste contenatat les droits de Charles 111 (1702), qui fut publié l'année suivante et qui ne parut en Por- tugal que le 9 mars 1704. Le recueil de lettres qu'il publia sur le même sujet, sous le titre de laJustice en- co2era.gée contre les chicanes et les menaces d'un partisan des Bourbons, date aussi de la période de Vienne (2), et il est incontestable que le Dialogue entre un cardi- nal et l'amirante de Castille est de la même époque (3). Voilà donc tout un ensemble de pièces relatives à la succession d'Espagne qui se rapportent à la période de Vienne. Le Manifeste ne parut qu'en dernier lieu, après que l'opinion eut été préparée par les publi- cations précédentes. Cette pièce capitale, que Berg- mann appelle un chef-d'oeuvre de rédaction et de profondeur politique, consacre et autorise toutes les autres. On remarquera ensuite une lacune de plu- sieurs années jusqu'en 1712, où il revint à Vienne, très-probablement sur l'ordre de l'Empereur, pour y passer près de deux années. De grandes affaires l'y appelaient et l'y retinrent tout ce temps. La paix venait d'être conclue par les puissances séparées à Utrecht. (1) 1688, 1690, 1700, 1702, 1712. (2) La lettre de Leibniz est datée du 1er février 1701, et la deuxième édition que nous publions devait garder ce millésime. Voy. t. III, p. 308. (3) Ce dialogue est de 1702. Voy. t. III, p. 345.