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L INTRODUCTION.

peut dire qu'il ne lui a manqué que le caractère offi-
ciel et le hasard de la naissance pour être premier
ministre. Il était diplomate, a dit M. Vera, qui
ne croyait pas si bien dire. Mais ces petites cours
d'Allemagne, il résidait, n'offraient pas un terrain
suffisant à l'étendue de ses vues. A Vienne, il trou-
vait une plus grande scène et un plus vaste théâtre
pour son activité. C'est qu'il faut le voir dans
cette partie la plus ignorée et la plus féconde de son
existence, dans cette période de Vienne, tout occupé
de matières politiques, économiques et sociales; ha-
bile à attirer l'attention de l'Empereur par ses plans
financiers, infatigable à créer des projets pour l'amé-
lioration du commerce et de l'industrie de ce grand
Empire, et parvenant enfin, par l'entremise de Spi-
nola, à l'audience de l'Empereur, qui le chargea de
rédiger un premier manifeste. A partir de ce jour
il eut une position faite à la cour de Vienne, et lors-
qu'il y revint, dix ans plus tard (1700), il inquiétait
les ministres par sa faveur croissante, correspondait
directement avec l'Empereur et fut nommé conseiller
avec une pension. A partir de cette époque, ses mé-
moires et ses lettres à l'Empereur se succèdent avec
une rapidité et une continuité qui en attestent le suc-
cès négociations pacifiques et religieuses, projets de
finances, d'économie politique et d'administration,
plans de campagne et d'organisation militaire, tout
se trouve dans ces liasses si remplies de la période
de Vienne.

Hæc nostri farrago libelli.
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