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XLVI INTRODUCTION.

Du droit

Opinion de

sur ce sujet.

qui lui ouvrait les chemins de l’Inde? Napoléon était
devancé. Mais on ne hâte pas le cours du temps.
Louis XIV crut que le noeud de sa grandeur était en
Europe, et il ne vit, dans ce profond Orient, qu'un
brillant fantôme des guerres saintes et du moyen âge.
L'école de Louvois n'était pas celle de Leibniz. On
peut faire cetaveu sans rien Ôter à la gloire du second.
Il y a deux ordres de questions et deux classes d'ar-
guments très-différents dans les écrits politiques de
Leibniz. Les uns sont tirés du droit, et les autres de
la politique. Les uns s'adressent à l'Allemagne et
les autres aux alliés de l'Empire; et, suivant qu'on
étudie les uns ou les autres, l'opinion qu'on se fait de
leur valeur relative peut être très-différente. Je crains
que M. Leser ne fasse pas cette distinction, et qu'il
ne condamne Leibniz sans un examen suffisant. Inci-
vile est, nisi totâ inspectâ lege, judicare, disent les juris-
consultes. Les raisons tirées du droit nous paraissent
généralement très-fortes, mais M. Leser leur oppose
un raisonnement unique qu'il résume ainsi « Les
Espagnols avaient le droit de se donner à qui ils
voulaient ils ont appelé le Français, parce qu'il était
le plus fort et le plus puissant ils ont bien fait. Ils
auraient appelé l'Autrichien, si l'Autrichien leur eût
convenu, et la France n'aurait rien eu à dire. A cela
se réduit toute la question pour M. Leser, et je ne
m'étonne plus qu'alors les raisons tirées du droit le
touchent peu, puisqu'il leur oppos.e un droit nouveau,
le droit qu'ont les peuples de se donner à qui bon
leur semble. On pourrait trouver ce droit un peu nou-
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