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xnv INTRODUCTION.

Triomphe

définitif

du droit

et la paix, mais entre la guerre ou la guerre que le
testament substituait la maison d'Autriche à la mai-
son de France, si celle-ci le rejetait; qu'on n'aurait
aucun droit de revendiquer une partie de la succes-
sion qu'on aurait refusée dans sa totalité; qu'il fau-
drait la conquérir sur les Autrichiens, aidés par les
Espagnols, qui défendraient avec ardeur l'intégrité
de leur monarchie.

Voilà le langage du politique, de même que Leibniz
nous a fait entendre celui du jurisconsulte. Nous ne
prétendons pas décider qui avait ici raison du politi-
que ou du jurisconsulte l'acceptation de la monar-
chie espagnole fut une source de calamités pour la
France, et le projet de partage soutenu par le duc
de Beauvilliers aurait évité douze années de guerre
inutile, puisque la paix d'Utrecht n'évita pas le dé-
membrement de la monarchie espagnole et réduisit
la France au partage forcé. Le jurisconsulte avait vu
tout cela et l'avait représenté à Louis XIV au nom de
l'Empereur. On peut donc fort bien donner raison au
jurisconsulte sur le politique (1).

La politique a souvent raison contre le droit;
mais. ces défaites ne sont qu'apparentes ou momen-
tanées, et le droit finit toujours par l'emporter. Il
y a une force dans le droit qui réagit tôt ou tard
(1) L'esprit politique de M. Mignet lui fait voir, dans la fatalité
de la position géographique, une raison qui commandait à la France
l'accroissement de son inllueuce en Espagne. C'est ce qu'on a dit
de plus profond pour justifier la décision si grave de Louis XIV.
(Introduction, p. III et suiv.)
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