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INTRODUCTION. XLI

l'argent et que tous les hommes valides s'empressè-
rent de contribuer à la défense commune (1), et qu'on
parvint à repousser l'ennemi. Mais de ces vingt-deux
ordonnances de Louis XIII, publiées, nous dit Leib-
niz, à la suggestion du cardinal de Richelieu, et exé-
cutées avec toute la promptitude et ponctualité pos-
sibles, il ne dit pas un mot, ni lui ni l'histoire. 11
a fallu que Leibniz, ce fureteur universel, les décou-
vrît dans quelques cartons ignorés, les exhumât dans
un danger pressant de la nation allemande, et conçût
le plan héroïque de s'en servir contrela France, pour
qu'elles vissent enfin le jour. Elles portent bien la
marque du génie de Richelieu, de cet homme qui ne
douta jamais de la France, pas plus que la France
ne douta de lui homme unique pour ces résolutions
promptes et énergiques qui sauvent les empires, et
comme Leibniz en eut souhaité un auprès de l’Empe-
reur d'Allemagne.

Sans doute Leibniz n'était point cet homme admi-
rable pour concevoir, pour inspirer une politique
droite et élevée, actif et énergique même quand il le
fallait, il aurait sans doute été toujours en avant de
son temps; mauvaise condition pour un politique il
eût pu donner un élan à la nation allemande; mais
elle n'eût pu le suivre. L'Allemagne, pays de mora-
lité un peu commune et d'un piétisme scrupuleux,n'a
jamais aimé les médecines héroïques, que son tempé-
rament politique d'alors ne comportait point d'ail-
(I) Voir Bazin, t. III, p.439etsuiv.
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