INTRODUCTION. xxxix ningue porte jusqu'à Bàle à tous ceux, enfin, que l'intérêt commun doit liguer contre la France. « Heu- reux, ajoute-t-il en terminant ce violent manifeste, si ces raisons peuvent contribuer à donner de l'horreur des mauvais desseins de Louis XIV; si la cause de la chrestienté, dont on détruit les espérances, celle de la justice dont on se moque, et de l'innocence qu'on opprime, triomphent des irrésolutions et des foiblesses si les alliés, enfin, savent éviter la faute qu'on a faite à Nimègue. » Mais Leibniz, comme effrayé lui-même de ces dan- gers dont l'Empire est menacé, et qu'il avait si élo- quemment décrits, voulut mettre à profit son séjour à Vienne et l'audience de l'Empereur pour faire pren- dre quelque résolution considérable et capable de conjurer le péril de l'Empire. Il conçut, avec cette supériorité de vues qui lui faisait voir toujours au delà de son temps, l'idée grandiose et vraiment pa- triotique d'une levée en masse de la nation alle- mande et d'un appel aux armes contre la France par. l'Empereur d'Allemagne, et, par une coïncidence étrange, il avoue lui-même que, cette idée, il l'avait prise à l'ennemi, dans les vingt-deux ordonnances de Louis XIII, publiées en 1636, dans un pressant be- soin de l'État, et sorties, comme on le pense bien, du génie de son premier ministre; ordonnances peu connues, même en France, mais que lui, Leibniz, avait apportées avec lui à son retour de Paris. Ainsi Leibnii, qui, par ses débuts politiques, avait devancé Napoléon et conçu le projet d'expédition Les XXII or- donnances de Louis XIII. Appel aux armes de la nation allemande.