INTRODUCTION. xxxvil butte aux entreprises violentes et sacriléges du mo- narque, qui s'arroge le droit sur le sacré aussi bien que sur le temporel, et ne respecte ni les canons, ni les brefs, ni les conciles. Il le termine par un tableau de l'entrée de Lavardin armé dans Rome, l'arrestation du nonce Ranucci à Paris et la prise d'Avignon. Enfin il montre le Roi de France aussi peu soucieux des in- térêts du Roi de la Grande-Bretagne que de l'autorité du Saint-Père, laissant la Hollande maîtresse de sou- tenir le prince d'Orange, et l'aidant même par sa puis- sante diversion sur le Rhin, tandis qu'il adresse in- justement à l'Empereur tant de griefs imaginaires, comme de favoriser les protestants, de vouloir assu- jettir l'Allemagne et de chercher l'extinction de la maison de Bavière. C'est alors que, montrant l'inso- lence même du manifeste déjà dépassé par les actes, il s'écrie qu'il est trop tard. Mais, si nous passons, avec Leibniz, des préten- dues raisons de justice que la France invoque, aux motifs de passion et d'intérêt qui la font agir, c'est là que nous découvrons les causes vraies et les res- sorts intéressés de sa politique, l'orgueil d'un roi à qui l'on fait prendre pour générosité vraie ce qui n'est que la violence et l'injustice, qui quitte la circons- pection qui l'avait d'abord fait réussir et ne ménage plus rien en Europe dans l'intérêt de son ambition; l'emportement d'un ministre hautain qui abuse du nom de son roi et qui veut que tout fléchisse sous sa volonté, jusqu'au Pape et jusqu'à l'Empereur (1). Il (1) Louvois, dont M. Camille Rouàset écrit l'histoire.