xxxiv INTRODUCTION. montre comment, depuis douze ans, elle s'est toujours surpassée en violences, foulant aux pieds tous les traités, s'annexant toutes les terres de l'Empire au delà du Rhin par des réunions injustes, ne connaissant que le droit de bienséance, ,jus prædonis, la dernière rai- son des usurpateurs, et profitant, enfin, du siège mis devant Vienne par les Turcs pour inquiéter l'Empire et avec lui toute la chrétienté. Le tableau de ces vio- leuces, écrit avec chaleur, semble d'un Tacite pour la vigueur des traits et la mâle sobriété du style. Il vient ensuite au contenu du manifeste, et il n'a pas de peine à montrer que les prétendues raisons qu'il allègue, telles que les intrigues pour faire refuser des bulles au cardinal de Furstenberg comme archevêque de Cologne, et les menées de l'Électeur Palatin pour détenir injustement l'héritage de la duchesse d'Or- léans, ne sont pas dignes de ce nom et ne sont que des pauvretés. Mais il réfute d'abord, avec une logique pressante, les faussetés relatives à la conduite de l'Empereur et à la paix faite avec les Turcs. 11 mon- tre que, si cette paix a été faite avec quelque préci- pitation et à la veille d'obtenir de plus grands avan- tages contre les Turcs, et peut-être même de rejeter pour toujours hors de l'Europe cette peste du maho- métisme, la faute en est tout entière à la France, qui n'a pas laissé faire l'Empereur, secondé par un pape des plus dignes qui furent jamais assis au siège de saint Pierre, et qui a paralysé dans ses mains les forces redoutables dont il disposait contre eux, par la violence de ses attaques et l'injustice croissante de