INTRODUCTION. XXXIII IV. 0 à l'époque où écrivait Leibniz, ni même celle d'une chrétienté à rétablir en Europe sur l'ancien pied, bien qu'il lui ait toujours accordé son respect, qui ont ins- piré la politique de Leibniz. C'est l'idée du droit, d'un droit public de l'Europe, qui ne lui permettait pas de voir sans une certainè indignation les attentats de Louis XIV contre la sûreté de l'Empire, et d'un droit des gens qui le révoltait contre ces autres attentats à la sécurité des personnes, devenus si communs pen- dant les horreurs de la guerre. La justice, outrageu- sement violée par les ministres et par les armées de Louis XIV, lui paraissait d'accord avec la politique pour repousser ses attaques. Aussi trouvera-t-on dans ses écrits, si étendus sur ce sujet, qu'il exagère pres- que la part des raisons tirées du droit, si l'on pouvait jamais la faire trop grande. Lionne ou Louvois peu- vent être plus politiques; leur rédaction peut convenir davantage à de grands intérêts diplomatiques; leur langue, je l'avoue, est celle des affaires. Leibniz- parle surtout celle du droit Leibniz a-t-il donc tort? Les Retnarques sur un manifeste françois, écrites pendant son séjour à Vienne en 1688, sont une re- vendication éloquente de. ces principes du droit, ou- trageusement violés par la politique française, et un réquisitoire contre cet esprit d'usurpation et de con- quête qui avait signalé ses précédentes entreprises. Leibniz s'y élève à une véritable hauteur, quand il démasque cette politique de Louis XIV, qui, par une étrange gradation, va de vertu en vertu, de l'audace à l'effronterie, et de l'injustice à l'impiété; quand il Reinarques sur un manifeste 16M8.