Home Plain text
Text mode Audio mode
page XXXII (screen 33 of 433)
Next page Previous page  
  Last page First page


xxxn INTRODUCTION.

écrit les yeux fixés sur le droit naturel, consulte la

notion du juste et de l'injuste, et ne se laisse pas dé-

tourner par les maximes dangereuses de la politique

régnante. C'est le grand caractère de sa politique.

C'est l'idée du droit qui en est le pivot. Prenez tous

ses principaux écrits, que nous avons découverts et

que nous publions dans ces deux volumes. Cette idée

en fait le lien et comme l'unité. C'est l'idée du droit qui

lui dicte ses manifestes au nom des empereurs d'Alle-

magne, ses lettres, ses traités, ses écrits sur la succes-

sion d'Espagne; et c'est en jurisconsulte qu'il traite la

question si controversée des renonciations, du motif

cessant, et qu'il réfute toutes les raisons alléguées

par les publicistes français. C'est encore l'idée du

droit qui le soutient dans sa lettre à un mylord Tory

sur la paicc d'Utreclat, inexcusable, écrit capital tout

nourri de solides raisons, et éclatent à chaque page

une étude du droit public et une connaissance des

traités devenue bien rare à cette époque. C'est le

grand caractère de cette politique. Ceux qui ne le

voient pas sont en dehors de la question. Ceux qui

le nient dans un intérêt français se trompent. Ceux,

enfiu, qui lui substituent d'autres mobiles, tels que

la conservation du saint-empire ou l'idée même de

chrétienté, prennent l'effet pour la cause. Sans doute

Leibniz travaille à la sûreté de l'empire en le défen-

dant contre des aggressions odieuses, et fait les af-

faires de la chrétienté en travaillant à celles de l'Al-

lemagne mais ce n'est pas l'idée du saint-empire

romain, vieillie et déjà sur le penchant de sa ruine
Text mode Audio mode
page XXXII (screen 33 of 433)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text