INTRODUCTION. xxxi forme un peu surannée du mémoire pour le fond très-nouveau du projet, répondit à Feuquières que les guerres saintes étaient passées de mode. Or il en était de même de tous ces grands mots que nous verrons revenir quelquefois dans la politique même de Leibniz, qui n'y croyait plus, mais qui s'en servait dans un intérêt allemand. Là n'était pas la véritable force de ses arguments. Mais ce qui fera vivre la politique de Leibniz contre Louis XIV, c'est l'idée du droit, d'un droit des gens, d'un droit public de l'Europe, que ses agents et ses ministres violaient effrontément. Leibniz ne reconnaîtra jamais ce droit de la force et cette notion du juste Justum potentiori utile, qui est celle de Hobbes, comme elle était celle de Louvois et des politiques français. Leibniz était jurisconsulte; l'édit qui le nommait président à vie de l'Académie de Berlin ne mentionne pas les titres du philosophe ou du savant, mais ceux du baron Godefroy-Guillaume de Leibniz, conseiller privé, a d'après le.rapport qu'on nous a fait de son savoir dans la jurisprudence particulièrement en droit public et en droit des gens. » Ses œuvres juri- diques datent de sa jeunesse. Il avait dès cette épo- que entrepris la réforme de la jurisprudence. L'idée du droit, étrangère à Descartes, caractérise la philo- sophie de Leibniz, mais surtout elle constitue sa po- litique. Si donc nous voulons suivre ici dans ce dé- tail d'écrits et de documents les grandes lignes de cette politique et juger l'ensemble de son œuvre, il faut s'élever d'abord à l'idée du droit, car Leibniz Caractère général de la politique de Leibniz. L'idée du droit.