xxx INTRODUCTION. Politique du Alors Chriittanis- simus. France qu'elle trouve de puissantes factions en sa faveur parmi ses propres ennemis. Leibniz dénonce à la chrétienté cette politique anti- chrétienne et vraiment révolutionnaire qui brouille tout en Europe, qui repose sur l'alliance turque et qui, dit-il, se fait par la persécution des chrétiens un passage assuré pour aller un jour aux infidèles. Il semble, d'après le titre, que c'a été là l'âme et l'ins- piration de son pamplilet Dfars Christianïssimus, ou Apologie des armes du Roy très-chrétien contre les chrétiens. 11 faut donc rechercher ici quelle est la donnée fon- damentale de la politique de Leibniz. Leibniz semble croire qu'il y a encore une chré- tienté et une sorte de droit public de la chrétienté au siècle de Louis XIV. Il est donc, sous.ce rapport, l'homme des idées allemandes contre les idées fran- çaises. L'Allemagne, en effet, a conservé beaucoup plus longtemps que la France le prestige de cer- taines grandes idées venues du moyen âge et parfai- tement vieillies depuis la renaissance. De ce genre sont le saint-empire romain le vicariat d'un roi ou d'un empereur pour représenter Dieu sur terre, et enfin un droit public et général de la chrétienté qui réprouverait toute alliance avec le Turc et de- vrait faire déclarer la guerre aux infidèles Ces idées avaient fait leur temps, et Leibniz put s'en aperce- voir quand il adressa son fameux mémoire, sur le projet d'une expédition en Égypte, à Louis XIV. Pomponne, jugeant d'après l'étiquette, et prenant la