INTRODUCTION. xxix son pouvoir n'allât pas jusqu'au temporel. Au lieu que je monstreray que le Roy T. C. qui vit aujour- d'huy est le véritable et unique vicaire du monde à l'égard de toutes les matières temporelles. » Il fait servir à l'établissement de cette thèse les prédictions et les prophéties les plus bizarres qu'il détourne à dessein dans un sens profane, et qu'il applique à sa cause par un abus sacrilége dont Bossuet ne se faisait point défaut. « N'est-ce pas un assez grand miracle, ajoute-t-il après l'énumération des faux prophè- tes, qu'un prince qui a tant de guerres sur les bras ne manque pas d'argent? z Parole profonde et qui explique économiquement bien des choses, car le miracle ici, c'est un bon ministre des finances. C'é- tait Colbert qui fournissait à Louvois le nerf de la guerre. Le portrait satirique de la jeunesse de Louis XIV, dont nous avons rassemblé les traits épars, forme encore une assez grande figure. Il nous dépeint ce prince heureux et vraiment destiné du ciel à de grandes choses, faisant son occupation de ses diver- tissements, et ne laissant pas cependant de réussir dans tout ce qu'il entreprend, servi par des ministres insolents et prêts à tout et qui enflent encore sa puis- sance, vicaire de Dieu en terre, héritier de Charle- magne, arbitre des princes et des rois, et directeur des affaires générales de lachrétienté. Que faire con- tre ce jeune potentat à qui sourit la victoire et qui a pour lui les femmes italiennes, les prêtres d'Alle- magne et les Turcs? Car telle est la fortune de la