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XXVIII INTRODUCTION.

pour masquer ou pour autoriser je ne sais quels rê-

ves de conquêtes et de domination universelle, c'est

ce qu'on ne saurait dire avec certitude. Leibniz, dans

son pamphlet, prend à dessein le rôle d'un défenseur

convaincu de ces prérogatives de la France, et déve-

loppe avec sang-froid les maximes tyranniques de ce

droit prétendu qu'il fait remonter à Charlemagne et

à la lutte des papes et des empereurs. 11 jette, nous

dit-il, les fondements de cette nouvelle jurisprudence

et conclut au vicariat de Louis XIV, élu de Dieu en

terre pour le domaine temporel

Mais Louis XIV trouvait dans M. de Meaux un

puissant auxiliaire, et il est très-remarquable que

cette sanglante invective contre le grand roi paraît

être une satire non moins hardie de la Politique tirée

de l'Écriture de Bossuet. On connaît cette politique

violente, plus juive que chrétienne, de M. de Meaux,

qui semble dictée par le Moïse de Michel-Ange et

écrite avec la verge d'Aaron. Leibniz s'en moque

et la résume dans le passage suivant « Je pose

donc pour fondement que toutes les choses tempo-

relles sont soumises au droit éminent d'un très-

grand et puissant Roy qu'il a par un certain destin
devant tous les autres sur les créatures. De ce droit
particulier est venu celuy de Moïse sur les vases qu'il
emprunta aux Égyptiens, et celuy que le peuple is-

raélite exerça sur les personnes et sur les biens des

Cananites. Et le pape Alexandre VI, en qualité de

vicaire de la terre, prétendit de partager le nouveau
monde entre les Castillans et les Portugais, quoy que
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