xxvi INTRODUCTION. Le Mars Christianis- simus pamphlet, contre Louis YIV, ( 1685. 1 lait la parole de 1662 qui traitait ses projets sur l'Allemagne de desseins chimériques, et le représen- tait comme dévoué au maintien de la paix de West- phalie. Le germe de cinquante années de guerre était posé, et ce n'est pas sans motif que M. Mignet a fait remonter les Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de la succession d'Espagne à cette époque dé- cisive de la paix de Nimègue. Louis XIV, nous dit-il, sentit promptement, avec l'instinct supérieur de l'ambition, que le moyen de sa grandeur et le nœud de son règne étaient en Espagne. Dès l'année 1661, il s'occupa sans relâche de l'héritage de cette monar- chie et travailla à faire révoquer l'acte par lequel il y avait renoncé. Les années suivantes furent une né- gociation continuelde pour arriver à ce but. Mais, à partir de 1671, année de la mort de Lionne, la né- gociation, presque toujours heureuse, se changea en une guerre contre la Hollande, et le roi habile devint un roi passionné c'est en Hollande qu'eut lieu le naufrage de la politique ancienne suivie sans in- terruption sous Henri IV, Richelieu, Mazarin et de Lionne. Quelle fut la politique nouvelle qui lui aliéna l'Al- lemagne ? Leibniz en a fait une profonde analyse dans son premier pamphlet, le Mars Christianissi- mus. Elle peut se résumer d'un mot le mépris du droit naturel, du droit des gens et de la notion même de chrétienté. C'est une politique froidement impie et naturellement injuste. « Dès l'année 1672, dit spirituellement Leibniz, il