xxiv INTRODUCTION. Changement de p:))itiqup. qui peut se casser. » C'étaient les vues politiques de Boinebourg, et l'on peut croire à une collabora- tion des deux amis. Toutefois l'année suivante, et dans la seconde partie de ce traité, Leibniz éclatait et ne gardait déjà presque plus de mesure. Il dé- clarait qu'il n'y avait plus à espérer la paix et le repos de l'Allemagne de la part de la France, qu'il ne fallait plus se fier à elle. Le ton même de l'écrit était aussi dur et amer qu'il était.doux et modéré dans la première partie. Ce sera désormais le ton dominant dans les écrits du patriote allemand. Comment Leibniz, qui d'abord était porté pour la France et l'alliance française, qui conseillait d'user de ménagements avec elle et ne voulait à aucun prix attirer sur le Rhin cette puissance dangereuse, nous paraît-il, dans ces deux volumes d'histoire et de poli- tique, irrité contre elle, et ouvre-t-il, par un sanglant pamphlet contre Louis XIV, cette liste d'écrits politi- ques tous du plus haut intérêt, mais évidemment dic- tés par la crainte et la haine de la France ? Comment cet esprit si calme et d'ordinaire si impartial se range-t-il, dès le premier coup de canon tiré sur le Rhin, parmi les patriotes les plus ardents, les plus fougueux qu'ait eus l'Allemagne au dix-septième siè- cle ? Il y a là une question inexpliquée jusqu'ici et à laquelle.nous allons répondre à l'aide de documents nouveaux. Ce changement de politique, qu'on ne saurait met- tre entièrement sur le compte de son changement de situation, puisqu'il était commencé dès 1671, tenait