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xxn INTRODUCTION.

traitait avec de Lionne sur le pied d'égalité, après
avoir été l'ami de Mazarin, et, bien que divisés sou-
vent et bientôt ennemis, ils s'estimaient tous les deux.
On lui a reproché son ambition et son avidité, sans
doute parce qu'il avait, lui aussi, beaucoup coitté au
roi de France; mais il a lui-même, dans une sorte de
mémoire à Conring, confessé ses torts. a La mobilité
de mon jugement, lui dit-il, m'a fait commettre bien
des fautes et des erreurs; mais, du moins, je puis me
rendre ce témoignage d'avoir toujours religieusement
travaillé à faire réussir ce que je croyais utile et bon
pour ma patrie. Et cette inébranlable fermeté de cœur,
et cette candeur qui ne s'est jamais démentie, sont
pour moi d'un grand prix Magno constat ista mihi
firmitas cordis et candida stabilitas. » Sa disgrâce, qui
fut profonde et qui dura quatre années (1), venait de
ce qu'il ne savait point se contraindre et qu'il s'expri-
mait trop librement sur les hommes et sur les cho-
ses. De Lionne le savait, et, depuis la diète de Ratis-
bonne, il avait juré sa ruine. Boinebourg avait servi
la France, mais avec trop de liberté et sans lui sacri-
fier l'Allemagne. Quand il revint au pouvoir, sa ligne
de conduite ne fut point trop violemment cltangée
il resta patriote sans se déclarer l'ennemi de la France.
(1) L'an 1663, à la Diète de Ratisbonne, la mésintelligence com-
mença de glisser dans les esprits. Le baron de Boinebourg, qui
avoit été ministre des négociations de l'Électeur, mais qui avoit
commencé à lui déplaire, fut abandonné au ressentiment des Fran.
çois. Ce baron ëtoit, sans contredit, un des plus habiles hommes
de. son temps et digne d'une haute fortune, il seroit peut-être
arrivé, s'il avoit su quelquefois contraindre sa liberté.
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