INTRODUCTION. xxi partie de la pauvre Allemagne ne demeurât presque déserte. ll lui parut donc nécessaire, pour don- ner quelque contentement aux deux couronnes qui s'étoient inutilement opposées à l'élection. de lier les mains à l'Empereur par la capitulation et d'as- surer cette capitulation par une confédération de quelques princes qui fut appellée l’alliance du Rhin. Si l'alliance du Rhin a été utile ou nuisible à l'Empereur, et si les couronnes en ont tiré l'avan- tage qu'elles en espéroient, c'est un probleme fort agité (1). » Boinebourg, son premier ministre, l'ami et le protecteur de Leibniz à Mayence, avait été pendant un temps l'oracle de son pays (2), l'arbitre des desti. nées de l'Allemagne à Ratisbonne, et maître de l'é- lection à l'Empire. Admirable dans le maniement des affaires, infatigable, solide, prompt, insinuant et sa- vant plus qu'on ne saurait croire, magni ingenii et eruditioaiis stupendx, Boinebourg, qui avait soutenu des thèses sur le saint-empire romain sous Conring, qui avait passé une année à Stockholm dans la fami- liarité d'Oxenstiern et à qui Puffendorf donne, après enquête, le titre fidi atque cordati ministri, était, par ses lumières peu communes, par son instruction, par ses grands projets, très-propre à ce poste de con- fiance qu'il occupait à Mayence auprès de l'Électeur, dont il confirmait les dispositions chancelantes. Il (1) Leibniz à un ami. Kurmainz, par Guhrauer; t. 1, 91,92. (2) Moguntiz, imo totius Germaniæ oraculum, acta littera- ria; t. I. Son premier ministre Boinebourg.