Home Plain text
Text mode Audio mode
page XX (screen 21 of 433)
Next page Previous page  
  Last page First page


xx INTRODUCTION.

L’élécteur

de Mayence,

J. Philippe

Schonborn.

Mais de tous ces princes allemands des bords du
Rhin, il n'y en avait aucun dont l'alliance eût plus
de prix pour la France et dont la fidélité, d'abord as-
surée par une alliance, fût en ce moment plus sus-
pectée que le prince électeur de Mayence, Jean-Phi-
lippe de Schônborn, et son premier ministre, Boine-
bourg. « Jean-Philippe de Schônborn, dit Leibniz,
auquel nous emprunterons beaucoup sur cette cour
qu'il connut si bien et qui fut sa première.école poli-
tique, Jean-Philippe étoit alors électeur de Mayence,
chef du collège électoral et directeur des affaires de
l'Empire, prince des .plus clairvoyants que l'Allema-
gne ait jamais eus. C'étoit un génie élevé et qui n'a-
gitoit rien moins dans son esprit que les affaires gé-
nérales de la chrestienté au reste, bien intentionné
et cherchant les fondements de sa gloire dans l'assu-
rance du repos de sa patrie, croyant de pouvoir ac-
commoder son intérêt avec celui de l'Empire. Je veux
croire qu'il ne s’est pas imaginé alors que l'équilibre des
deux grandes puissances de l'Europe seroit si aisément
changé, ni que la France prendroit si tost le dessus.
Quoi qu'il en soit, il avoit veu les misères de l'Alle-
magne, dont les ruines etoient encore fumantes il
estoit de ceux qui avoient le plus travaillé à lui ren-
dre le repos on la voyait respirer à peine. Le pays
n'étoit quasi-peuplé que de petits enfants, et si la
guerre recommencoit, ce qu'on avoit sujet d'appré-
hender de la Suède irritée et de la France mena-
çante, il y avoit bien lieu de craindre que ce germe
d'une postérité naissante étant détruit, une grande
Text mode Audio mode
page XX (screen 21 of 433)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text