INTRODUCTION. xix son expression dans un traité ou une paix célèbre, de même que la politique de Richelieu avait créé le système d'équilibre dont les bases furent posées à Munster, que celle de Mazarin l'avait fait habile- ment pencher en faveur de la France par le traité des Pyrénées, on peut dire que celle de Louis XIV, qui prit son point de départ dans la paix de Nitnè- gue, affecta bientôt de le. vouloir rompre violem- ment (1). Sans doute tout n'est pas à reprendre dans les plans de Louis XIV sur l'Allemagne. Ces princes du Rhin, qu'il pensionnait, étaient bien souvent d'une fidélité douteuse et branlante, et ne consultaient que teurs.intérêts dans leur politique à double face leurs ministres brillaient par leur esprit d'intrigues et leur avidité (2), et ces publicistes soudoyés, comme Conring, effrayaient l'envoyé de France par les in- tempérances d'un zèle maladroit. On conçoit très- bien que ce jeune prince fier et victorieux, averti de ces intrigues et de ces maladresses par le ministre de France à Francfort, avec lequel il correspondait lui- même, ait eu l'idée de donner leur congé à tous ces salariés qui le servaient assez mal. (1) Ainsi il écrivait, en 1662, à l'Électeur de Mayence, « qu'an lui prêtoit des dessetns chimériques, et que personne, sans excep- tion, n'étoit plus zélé que lui pour la manutention de la paix de soins. » mais, en 1670, le ton change dans ses lettres à Gravelle, et il parle une autre langue. (2) « Je ne vous citerai pas que le Roy a eu plusieurs advis et de divers endroits qui lui ont donné assez de sujet de vous soup. çonner. » (A Boinebourg.)