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xiv AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR.

dant plus de cinquante années, qui fit la gran-
deur de ses commencements et les misères de
sa fin (i), a été très-diversement appréciée
par les politiques. La paix d'Utrecht, qui la
termine, fut une nouvelle paix de Westphalie
par la limitation qu'elle imposa aux deux gran-
des puissances, et par l'équilibre qu'elle rétablit
entre elles.

Toutefois, Leibniz avait cent fois raison, au
point de vue des intérêts allemands, de soute-
nir les droits de l'Autriche à la succession
d'Espagne et même de déclarer la paix d'U-
trecht inexcusable. On ne peut méconnaître
ici l'inspiration supérieure du prince Eugène,
celle de tous les grands hommes d'État de l'Al-
lemagne, qui ne purent voir sans douleur cette
paix qui leur enlevait tout le bénéfice de trente
années de guerre, et rétablissait la France
presque sur le même pied qu'avant les der-
nières campagnes. Ce fut, dit M. Leser, une
œuvre réparatrice. Oui, sans doute, pour la
France, mais non pas pour l'Autriche. L'édi-
teur des OEuvres de Leibniz croit d'ailleurs
devoir déclarer que, s'il élève des doutes sur
ces trois points d'histoire traités par M. Leser,
(1) M. Mignet.
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