x AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. valait pas mieux. Si donc Leibniz, déjà dans cet écrit, et plus tard mûri par l'expérience, se montre de plus en plus favorable à l'unité de l'Empire, non pas entendue sous ces formes archaïques du saint-empire romain que M. Le- ser lui prête la pensée de vouloir renouveler, mais sous cette forme plus moderne qu'avait conçue son esprit, il semble qu'on ne saurait lui en faire un reproche. « Le défaut de l'u- nion de l'Empire, écrivait-il en i7t5, un an avant sa mort, et à propos d'un projet de paix perpétuelle, n'est pas, comme M. l'abbé de Saint-Pierre le paraît prendre, que l'Empe- reur y ait trop de pouvoir, mais que l'Empe- reur, comme empereur, n'en a pas assez. Car l'Empire n'a presque point de revenus qui ne soient aliénés ou négligés, et les résolutions des diètes aussi bien que les décisions des tri- bunaux, lorsqu'elles vont contre les puissants, ont bien de la peine à être exécutées (1). » Les changements fréquents de dynasties, la faiblesse des chefs, le désordre des finances, les négligences des généraux, mirent l'Empire en danger d'une dissolution jusqu'à ce qu'il (1) Voir cette réponse de Leibniz à l'abbé de Saint-Pierre, t. IV, p. 328.