AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. IX et qu'ils ne sont pas plus sujets de l'empereur que les rois d'Espagne ou de Suède, qui tien- nent des fiefs de l'Empire et prêtent le même serment que les princes allemands. Il raille même avec esprit, dans un endroit de ce livre a ces bonnes gens des universités qui, n'étant « presque jamais sortis de leurs livres, pren- « nent l'empire romain sur l'ancien pied et « règlent les formes de la République suivant « le sens qu'ils donnent aux textes d'Aristote. » Il est bien évident que Leibniz, alors au service d'un électeur, ne pouvait ni ne devait sacrifier ces prérogatives du principat germain, et qu'il les défendait plutôt avec trop de zèle. On peut se demander en effet si cette sou- veraine indépendance du principat germain, que défendait Leibniz, âgé de vingt-sept ans, n'était pas, dès cette époque, comme elle l'est encore aujourd'hui, le principal obstacle à la puissance politique de l'Allemagne. Napoléon disait « Si la Confédération germanique n'existait pas, il faudrait l'inventer dans l'in- térêt de la France (i). » La constitution du corps germanique, au siècle de Louis XIV, ne (t) Correspondance de l'empereur Napoléon, t. V, campagne d'Italie.