Home Plain text
Text mode Audio mode
page 4 (screen 9 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page


4 MARS CHRISTIAN1SSIMUS.

trades et le marquis de Croissi ne feignirent pas de

luy déclarer, quand les Hollandois avoient desjà fait

leur paix, qu'il falloit se contenter absolument de ce

que le Roy relâchoit et le recevoir comme une pure

grâce de Sa Majesté. Les ambassadeurs de France

qui se trouvèrent dernièrement à Francfort ne pou-

voient pas souffrir qu'on leur parlât du paragraphe

de l'instrument de la Paix de Westphalie, dont le

commencement estoit Teneatur rex christianissi-

auxas. Je ne sçay si leurs oreilles délicates trouvoient

le mot teaacatur incivil, bien si le texte les bles-

soit un peu; quoy qu'il en soit, il est constant

qu'ils n'évitoient pas moins ce mauvais passage, que

le Diable fait l'eau bénite, et l'un ne put s'empê-

cher de dire à quelque personne qui luy en parloit:

« Laissez-moy en repos avec vostre Paix de Munster

il n'en sera ny plus ny moins. t Ce n'est pas qu'ils se

deffiassent de la bonté de leur cause, ou qu'ils man-

quassent de raisons pour y respondre; mais c'est

parce qu'ils Houloient demeurer fermes dans la réso-

lution prise en France, il y a longtemps, de ne plus

reconnoistre pour juge que l'épée. Non pas comme

cet impie qui disoit

Dextra mihi deus et telum quod missile lil ro.

Mais parce qu'ils croyent avec raison quod victrix

causa diis placuit et qu'on n'a pas besoin de rendre

raison de la victoire, qui est un arrest que les Dieux

mesmes ont prononcé. Mais comme cette méthode

d'éviter les disputes inutiles desplaist à nos Alle-

mands accoutumés aux guerres de plume, je me suis

déterminé d'entrer en lice, afin que le bon droit ne
Text mode Audio mode
page 4 (screen 9 of 439)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text